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Ados et médias sociaux, un duo indissociable

ados et médias sociaux

Le téléphone portable leur est désormais indispensable. Cet outil leur permet de rester en lien avec les copains et de construire leur identité.

Les jeunes d'aujourd'hui sont connectés. YouTube (leur préféré), Snapchat, Instagram, Netflix, Facebook (quoique déjà passablement démodé à leurs yeux) et bien d'autres, n'ont pas de secret pour eux. On pourrait dire qu'ils ont remplacé leur doudou par leur téléphone portable.

En 2016, en Suisse, 99% des jeunes entre 12 et 19 ans possédaient un smartphone, selon l'étude JAMES. Ils passent deux heures trente par jour en ligne la semaine et trois heures quarante le week-end. 97% des jeunes utilisent chaque jour leurs applications préférées.

Sven, 17 ans, a passé environ trois heures par jour en semaine et cinq heures par jour le week-end sur son téléphone portable le mois dernier. «Je ne pourrais pas m'en passer. J'utilise énormément Whatsapp et Snapchat. Cela me permet de rester en lien avec mes potes, de discuter, de partager mes moments sympas. Avec Snapchat, je vois où ils sont quand ils ne me répondent pas... Le matin si j'ai un message, je suis content. Si je n'en ai pas, ça me rend triste», explique Sven.

«Pour les jeunes, les médias sociaux sont devenus un outil indispensable pour entretenir les liens sociaux entre eux. Ils échangent, discutent, partagent. Ils se sentent abandonnés si les amis ne répondent pas tout de suite. Ils osent se dire «je t'aime» et se donnent de l'affection. Ils publient leurs premières photos de couple.

Ils ont besoin de mettre en scène leur quotidien, d'être reconnus par leurs pairs, voir qu'ils sont dans la norme. Ils veulent également se reconnaître dans l'autre. Ils cherchent à s'émanciper et construisent leur identité petit à petit en prenant de la distance avec le modèle parental», explique Claire Balleys, docteur en sociologie de la communication et des médias.

Elle viendra donner une conférence le jeudi 26 avril à Sion sur invitation des centres SIPE, (sexualité, informations, prévention, éducation). Intitulée «Grandir entre adolescents/es sur les médias sociaux. Comprendre les usages des jeunes pour mieux les accompagner», la soirée est ouverte à tous, en particulier aux parents, enseignants, éducateurs, psychologues et toutes personnes en lien avec les jeunes.

Sommeil perturbé

«Cette vie sur les médias sociaux leur prend beaucoup de temps et leur demande du travail. Par conséquent, ils se connectent tôt le matin et restent en ligne jusque tard dans la soirée. Ils s'endorment avec leur téléphone portable. Cela peut perturber leur sommeil et avoir des conséquences sur la santé», explique Claire Balleys.

C'est pourquoi il est recommandé de fixer des règles d'utilisation valable pour toute la famille, y compris pour les adultes. Les parents peuvent définir avec l'enfant un temps d'utilisation. Choisir des moments où le téléphone portable est posé, par exemple lors des repas ou avant d'aller se coucher, même si ça paraît difficile.

«Je conseille aux parents de s'intéresser au jeune, à ses pratiques, sans a priori. Ils peuvent lui demander ce qui le fait rire, s'intéresser aux contenus vidéo qu'il regarde, à sa façon d'utiliser les médias sociaux. Cela mettra le jeune en confiance. S'il a des soucis, il se confiera plus facilement», note Claire Balleys.

Appel à la prudence

Des conseils validés également par le sergent Isabelle Pfammatter, de l'Unité communication et prévention de la police cantonale, en charge des cours «Droits et Devoirs». Sur demande des responsables de centres scolaires du canton, l'Unité intervient pour faire prendre conscience aux élèves  que l'internet n'est pas une zone de non-droit.

«Le jeune n'a souvent pas conscience que dès l'âge de 10 ans il doit répondre de ses actes délictueux devant un juge. Derrière son écran, il se sent souvent plus fort et ose des comportements qu'il s'interdit dans «la vraie vie». Il se permet injures, menaces, contrainte sans penser que ces agissements sont réprimés par la loi. Il ne se rend pas toujours compte de la vitesse de diffusion de l'information, ni des répercussions que cela peut avoir. Il est pratiquement impossible de revenir en arrière donc mieux vaut éviter les publications sous le coup de l'énervement ou de la passion.»

Le sergent Isabelle Pfammatter conseille aux parents d'accompagner les jeunes sur les réseaux sociaux, les guider et partager les astuces. «Les parents devraient inviter les jeunes au respect. Il faut éviter les insultes et proscrire les images dénudées.»

Les dérives peuvent mener au sexting ou au harcèlement scolaire. Avec les médias sociaux, il se poursuit en dehors du cadre scolaire et ne laisse aucun répit à la victime, qui n'ose souvent même pas quitter un groupe ou se déconnecter. «Les contenus «problématiques» constituent d'excellentes preuves. Il ne faut pas les supprimer directement», conseille Isabelle Pfammatter. Dans ces situations, le jeune peut chercher du soutien auprès d'un adulte de confiance.

source : Le Nouvelliste

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